Histoire d’un roman… le carnet ferme ses portes (15)

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Je poursuis le travail de retranscription commencé il y a peu de temps[i], mais ici ce travail porte sur le nouveau carnet découvert il y a peu[ii]. Dernière partie du récit de Ferdinand, nous sommes à quelques semaines de la seconde bataille Verdun, où le 6e régiment d’infanterie de Saintes participera à la prise de la ferme Mormont. Pour ce combat, le Régiment recevra la croix de Guerre ;

« Le 7 août, le 6ème est ramené à Verdun et le 13 il relève le 2e R.I sur la Côte du Poivre. Il fournit un gros effort pour entretenir les organisations existantes et constituer les dépôts de munitions et de matériel nécessaires. Ces travaux se font sous des bombardements violents et des tirs particulièrement intenses à obus toxiques. Les Allemands emploient là un gaz nouveau, l’ypérite, et ils en font un usage abondant. Chaque nuit, les obus passent en un sifflement presque ininterrompu, les vallées disparaissent dans  les nappes de gaz, et les corvées diverses circulent, les hommes à demi asphyxiés, aveuglés, toussant et invectivant le Boche qui a su ajouter un nouveau raffinement aux misères et aux souffrances supportées depuis trois ans: 300 hommes sont évacués pour intoxication à la veille de  l’attaque, mais rien ne peut diminuer l’ardeur. Le 20 août à 4 h 40, après avoir subi un tir d’anéantissement des plus violents, le régiment attaque ayant comme objectifs : la Ferme de Mormont, d’abord, puis l’ouvrage du Buffle (Côte 326) et les tranchées Jutland et de Trèves, à l’ouest du Buffle. L’entrain est merveilleux et les tirs de barrage allemands ne réussissent pas à ralentir l’élan ; chacun sait où il va et est bien décidé à y aller. A 5 h. 25, le 1er Bataillon qui est parti en tête, atteint son objectif, la Ferme de Mormont, après avoir réduit les derniers défenseurs de l’ouvrage du Chevalet, qui menace le flanc droit du Bataillon.  A 6 h. 25, les 2e et 3e Bataillons le dépassent et partent à l’assaut de l’objectif final.  L’ouvrage du Buffle est enlevé d’un seul élan par le 3e Bataillon qui repousse trois contre-attaques et s’installe sur la position conquise malgré les pertes qu’il subit du fait du tir des mitrailleuses et de l’artillerie allemandes. Le 2e Bataillon, dont la gauche est arrêtée par des fils de fer intacts ne prend tout d’abord qu’une partie de la tranchée de Jutland. » [Histoire du 6e Régiment d’infanterie, rédigée en 1920, auteur inconnu : http://www.ancestramil.fr/uploads/01_doc/terre/infanterie/1914-1918/6_ri_historique_1914-1918.pdf ]

La belle tenue du régiment pendant l’offensive du 20 août lui vaut la citation à l’Ordre de l’Armée suivante qui vient en même temps consacrer les titres que le 6ème s’est acquis au cours des trois années de campagne :

Extrait de l’Ordre Général N°900

Le Général Commandant la IIe Armée, cite à l’Ordre de l’Armée:

Le 6ème régiment d’Infanterie : Sous le commandement du lieutenant-colonel MEULLE-DESJARDINS, s’est élancé avec impétuosité à l’attaque du 20 août 1917.  Malgré la violence des tirs de barrage allemands les pertes subies et l’arrêt momentané de sa gauche devant des obstacles incomplètement détruits, a marché droit au but, enlevant  successivement deux fortes positions, s’installant en fin d’attaque sur la Côte 326 (Ouvrage duBuffle).

« Violemment contre-attaqué à plusieurs reprises et sévèrement bombardé, a résisté pendant 5  jours, impassible et stoïque, à toutes les contre-attaques..»

Q. G. le 20 septembre 1917,

Le Général Commandant la IIème Armée

GUILLAUMAT

La ferme Mormont

« Ses le 15 que je raconte cela devant le petit Fort des quatre chemins. Nous restons la jusque au 23 que je pard en permission je revient le 4 juin au Cabaret rouge donc les Camarade arrive le soir même des tranchés, nous restons la jusque au 12 juin que nous remontons au Tranchés au Ravin de l’Hermitage entre le Bois des Caurière et Louvemont dans les derrière de la ferme des Chambrette nous travaillons a des Abrits pour munitions nous sommes relevez le 25 au soir par le 411e nous venons couchez au Cabaret rouges et le lendemain le 26 l’on part au Camp d’Avoust dans le bois de Nisseville, nous restons donc la dans les baraquement jusque au 28 a midi que nous avons était embarquer à Rampont. Le 29 nous débarquons à Mauvages dans la Meuse tous près de Vaucouleur a 10 kilomètre et 30 de Touf un très jolie petit patlin que l’on était très bien. Nous couchons deux nuits la et l’on repard a pieds car c’était par la que la Division devait prendre son repos. Nous partons le Matin le 1 juillet après 20 kilomètres de marche nous couchons à Vaux la Petite un très pauvre patlin. Le lendemain l’on pard de bon heur le 2 nous arrivons a Tromville un très jolie patlin a 11 tous [mot illisible] car il faisait chaud et l’on avait fait encore près de 20 kilomètres la on est très bien ravitallez en tous. Le 20 nous aprenons qui faut partir pour les tranchés travaillez avec le Génie le25 au soir l’on pard tous les pionniers de la Division J l’on desend du train a Landricourt le 26 et nous alons couché au Caserne Béveaux le lendemain l’on nous mene a Mangrignon ou était le 7e Génie pout travaillez avec eux. L’on nous emmène travaillez tous les matins en bateaux jusque a Brâs tous les Pionniers a la Cote du Poivre pour réparer un boyaux d’évacuation nous saisons le travail le 10 Août nous alons retrouver le Régiment a Verdun qui arrivez de Tronville. Le 12 le soir nous remontons au tranchés a la Carrières des Mitrailleur ou l’on nous fait encore les préparation d’ataque nous faisons des pistes pour les mulets depuis le poste du colon jusque en première lignes et il ne y faisais pas bon non plus car les Boches nos envoyer gaz dans le Regiment depuis le 12 au 20 le jour de L’ataque il y avait dans les 400 hommes hors de combat. Le 20 Août l’ataque se déclenche le Régiment avait pour missions de prendre la Ferme Mormont et l’ouvrage de Bluff, toute les possitions on était prisses et conservées. Nous les pionniers l’on pard avec la dernières vagues pour préparer une piste pour allez au colon et des abrits le soir meme après l’ataque l’on mène les Mulet avec le ravitaillement au Colon. Le soir mêmes les boches on contre ataquez en nous infligeant de lourde perte mais le Régiment na pas reculer tout de même. Nous gardons les possitions jusque au 24 le soir que l’on est relevez par le 35e inf. Les Compagnie Desende au nombre de 18 à 20 nous alons couchez à Verdun le soir du 24 et le lendemain le 25 nous prenons les Autos a Glorieux a 8 heures et nos arrivons  a 8 heures le soir sans  [mot illisible] a Chaudry tous près le 26 de Arcis sur Aubes entre Vitry le François et Troyes. Nous sommes très bien dans le patlin avec une rivière tous près que il y a du Poisson. C’est le 30 que je raconte cela j’atend pour m’en allez en permes…   »

 

FIN


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