économie politique

A bas les chômeurs…

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Les mois se suivent et se ressemblent, la politique des socialistes ne change pas, le cap est donné : c’est le choix de l’austérité, du chômage et de la pauvreté. Les arguments des socialistes ne tiennent pas une seconde, il faudrait détruire l’ensemble de notre modèle social, geler les prestations, baisser les salaires, baisser les dépenses publiques pour répondre au Diktat de la Troïka, du FMI mais surtout des marchés financiers. Personne n’est dupe, la politique des socialistes n’est pas tournée vers les français et les citoyens mais vers les rentiers. La France grâce à Hollande a perdu toute souveraineté politique et économique en acceptant de se coucher devant le regard inquisiteur de la finance et de la commission européenne. C’est tout l’enjeu, le dernier bastion d’une protection sociale ambitieuse doit mettre genou à terre. Il faut un exemple à l »ensemble de l’Europe, la protection sociale est morte pour vous tous… Toute la politique des socialistes est de faire accepter cela, l’UMP n’a pas réussi, le PS est en passe si nous nous opposons pas.

Que les socialistes ne soient plus à gauche, nous le savons depuis 1983, mais à ce stade ? Tout le logiciel idéologique du néolibéralisme est accepté, jusqu’à ce qui faisait encore la différence : la compréhension des origines du chômage. Les socialistes ont intégré que le chômage est la faute…  essentiellement des chômeurs et des travailleurs. Alors que  depuis Keynes et Marx, nous savons très bien que les entreprises et les chômeurs n’ont aucun pouvoir sur l’emploi, le point essentiel est la valorisation sociale de la production et donc les besoins globaux, l’ajustement est réalisé par les quantités et non les prix. Vous pouvez diminuer les salaires à 1 euros de l’heure mais si il n’y a personne pour acheter votre production… L’emploi et le production dépendent des grandes variables macroéconomiques qui impulsent les choix. Il semblait que la crise des années 30 avait permis à l’économie et à la société de comprendre certaines logiques, ce n’est pas le cas. Nous avons à plusieurs reprises ici, ici, ici ou , montré la bêtise du pacte de responsabilité et de la politique de l’offre. Mais concernant le chômage, quel est ce positionnement idéologique accepté par les socialistes ?

1. Le chômeur est chômeur… car il le veut bien

Toute la pensée néolibérale part de ce principe : il ne peut y avoir que du chômage volontaire. Dans le meilleur des mondes, le marché du travail est libre, la concurrence non faussée, les salaires doivent s’ajuster automatiquement de telle sorte qu’à un niveau de salaire réel d’équilibre, la demande de travail trouve l’offre et le plein emploi est assuré. On raisonne en termes de salaire réel, c’est-à-dire inflation défalquée, ce n’est pas le salaire inscrit sur votre feuille de paie, mais le salaire réellement consommable et utilisable. Et oui, vous avez, nous avons tous la capacité à connaître précisément le niveau de notre salaire réel pour prendre nos décisions… Donc à ce niveau de salaire réel d’équilibre, s’il y a du chômage, c’est simplement le fait qu’une partie des chômeurs refuse de travailler, car le salaire serait trop bas. Ainsi, il faut les inciter à travailler et donc supprimer les prestations sociales, les allocations chômage, et tout ce qui n’incitent pas au travail. De plus, il ne faut surtout pas d’intervention extérieure qui vienne impacter le salaire réel comme les cotisations sociales car le salaire d’équilibre en serait affecté, c’est à dire que le salaire augmente sans aucune raison économiquement valable et donc la demande de travail (des employeurs) diminue quand l’offre de travail (des travailleurs) augmente. Ainsi, il n’y a plus d’équilibre possible car l’ajustement ne peut se réaliser. Les employeurs limitent leur offre de travail, il y du chômage. L’UMP ne cesse d’expliquer qu’il faut «  une plus grande dégressivité de l’indemnisation chômage des demandeurs d’emploi ». Bien sûr et c’est bien connu, il y a donc environ 3 millions de chômeurs et 3 millions d’offre d’emplois… les chômeurs sont bien des fainéants ! Un petit tour sur le site de pole emploi et on a vite compris la bêtise… il n’y a que 190 000 offres

Par la suite, au salaire réel d’équilibre (w/p)  un niveau de production est possible… voilà pourquoi tout le débat porte sur l’offre  et le coût du travail, tout part de ce présupposé faux : le coeur central de l’analyse est le marché du travail : voir graphique ci-dessous, le premier concerne le marché du travail, le second la production globale. Le niveau de salaire réel permet un niveau de production d’équilibre. La Baisse du salaire (W/P) permet une hausse de la production (Y). Ici, pas de problème de débouchés, car l’offre crée sa propre demande, ce niveau de production optimale est entièrement acheté et consommé. On se demande bien pourquoi il faille défendre le commerce international s’il n’y pas de problème de débouchés… à quoi bon vendre à l’étranger si la production est écoulée dans le territoire national, peut-être parce qu’il y a un problème de surproduction ?

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Toute la politique des socialistes part de ce postulat : le coût du travail est trop élevé. Ce postulat est exactement le postulat néolibéral.

 

2. Mais ça ne marche pas comme cela !

S’il y a du chômage, ce n’est bien sûr pas la faute des chômeurs. Regardons vite-fait le nombre d’emplois proposé par Pole emploi : il est à ce jour de 191 161 offres et il y a 3 349 300 demandeurs d’emploi en catégorie A. Le différentiel est énorme ! Les tenants du néolibéralisme vous expliquent que ce niveau est le reflet d’un salaire trop élevé, en le diminuant, les entreprises pourront créer plus d’emplois et nous aurions progressivement le plein emploi. Mais alors, admettons que le SMIC diminue, ce qui va être le cas très prochainement avec la suppression des cotisations sociales, alors les entreprises comme par enchantement vont pouvoir par un coup de baguette magique créer 1 million d’emplois [d’après Gattaz, mais il n’en est plus très sûr le bougre] ! Ce qui veut dire, qu’il restera 2 millions de personnes au chômage, mais nous dira Gattaz, c’est qu’ils le veulent bien.

Pas besoin d’être économiste pour comprendre l’absurdité. En ce moment, nous expliquent le MEDEF et leurs alliés socialistes, les entreprises auraient un besoin potentiel d’1 million d’emplois, impossible à pourvoir car les salaires sont trop élevés, cela veut dire qu’il existe donc une production potentielle énorme en attente. Mais s’il y a production en attente, il y a donc demande en attente non ? Logique. Et bien non, il n’y a pas de demande en attente (voir graphique suivant), les entreprises n’ont aucune vocation sociale, si elles produisent, c’est pour gagner de l’argent et donc vendre. A l’heure actuelle, d’après l’INSEE et l’institut patronal Rexecode, le coût moyen d’une heure de travail en France est de 34 euros et la productivité française de 45,6 euros par heure. Donc, si les entreprises ne produisent pas et n’emploient pas, c’est tout simplement parce qu’il n’existe pas de demande SOLVABLE puisque les entreprises françaises sont profitables. Baisser les salaires, c’est baisser le pouvoir d’achat et donc le risque de la déflation nous guette. Mais les socialistes n’ont rien compris, et ne veulent pas comprendre, ils sont dans une logique de politique de classe sociale tournée vers le rentier et non vers la salariat.

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Quand le Crédit agricole se fout de nous…

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Nous avons tous vu une belle pub du Crédit Agricole (CA) qui tourne en boucle, nous y voyons un bon et gentil banquier rencontrer des vrais gens. Ce banquier explique que l’épargne des vrais gens a permis de financer l’activité d’un autre vrai gens.

Nous remarquerons que depuis 2008, les banques tentent de se refaire une virginité éthique. Toutes nous expliquent leur rôle, les actions citoyennes, tout d’un coup on ressort le coopératisme bancaire, le CA aussi, un peu de mauvaise foi pour cacher que depuis 2001 le CA est une holding financière… Toutes jouent le renouveau. Hormis, il faut le dire, la Société Générale qui dans ses pub joue sur la peur des vrais gens, et ajoute un peu plus une couche au climat anxiogène. N’ayez pas peur, la Société générale est là pour vous (j’en connais un qui dans sa tombe ou en enfer doit être content que ses techniques de propagande fonctionnent toujours…).

Dans ce grand élan de transparence, nous aimerions que la Société générale, BNP nous informent de leur participation au grand jeu de l’exil fiscal et des paradis fiscaux

Bref, revenons à notre pub du CA… cette pub est fondée sur un gros mensonge. Grâce à votre épargne nous finançons les entreprises. Et ben non… à part pour les économistes libéraux, la relation est inverse, l’investissement crée l’épargne, Keynes l’a démontré et prouvé, et les banquiers le savent pertinemment ! L’inverse revient à penser que c’est les épargnants qui agissent sur les comportements des banques, car l’épargnant par ses dépôts permet au banquier de financer les investissements. Le banquier serait dépendant de l’épargne (on comprend l’absurdité). Ce sont les banques qui agissent sur l’épargne. Car lorsqu’un épargnant désépargne, il retire une somme d’argent qui viendra directement alimenter le compte d’un autre agent dans une autre banque. Keynes dira dans une réponse à Robertson en 1931, le montant de la thésaurisation (épargne pour faire vite) « n’est pas l’affaire du public, mais celle des banquiers ». Ainsi, par les actions et crédits, les banquiers distribuent des ressources pour l’investissement et l’activité et donc entraînent avec elles un retour de l’épargne après réalisation de la production (c’est l’idée du multiplicateur). Jamais un banquier avant de prêter ne vérifie si son stock d’épargne est suffisant. Il regarde le remboursement et le retour sur son avance. Si le vrai gens de la pub n’avait pas été là, rien n’aurait empêché le banquier de prêter. Et oui, le banquier… crée de la monnaie par ses crédits, l’épargne devient le résidu de l’activité créée.

Demande anticipée et débouchée -> entreprises -> demande de financement -> Banques -> financement -> entreprises -> production -> distribution des salaires -> ménages -> consommation -> entreprises -> remboursement des prêts -> banques <- épargne des ménages (ce qui reste après consommation)

Bref, cette pub met dans la tête des gens un vieux mythe de l’économie libérale, que même les banquiers refusent ! Mais que voulez-vous, la com c’est la com !

Mais, ce n’est pas fini, un gros bobard par omission est présent dans cette pub, il faut toujours regarder les petits messages qui s’affichent en bas en tout petit, petit. C’est comme les produits cosmétiques ou de régimes, quand le monsieur de la pub vous dit « ça marche, c’est prouvé ! », oui, le message déroulant explique qu’il y a eu une étude sur 20 personnes et qu’à 85% les résultats sont immédiats… quelle significativité ! Pour notre pub, c’est la même : 100% de l’épargne bancaire sert à financer des projets… encore heureux c’est leur fonction ! L’épargne bancaire c’est le livret A – financement des logements sociaux et non le restaurant de notre figurant, les fonds ne sont pas gérer par le CA -, le plan développement soutenable (pour financer les investissements d’économie d’énergie et c’est vrai le financement des PME), le livret d’épargne populaire… bref des produits d’épargne qui légalement servent à des financements particuliers ! Par contre, le gentil banquier ne nous dit pas de ce qu’il fait du reste….

Bref, au bout du compte, une communication qui raconte n’importe quoi… mais ce n’est que de la pub au service de l’idéologie dominante.